Répression répétitive des libertés de réunion et d’expression au Togo

3 Min de Lecture
3 Min de Lecture

Le mercredi 27 mars 2024, au moins trois événements, dont des conférences de presse et des réunions, organisés par des partis politiques et des acteurs de la société civile, ont été annulés par les autorités à Lomé et à Tsévié. Les forces de l’ordre ont dispersé ces rassemblements dans un climat tendu, deux jours seulement après l’adoption controversée de la nouvelle constitution.

Ces interdictions ont suscité des inquiétudes sur le respect des libertés fondamentales dans le pays, notamment le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique, pourtant garantis par les engagements internationaux du Togo. Malgré les tentatives des organisateurs de déplacer ou de réorganiser les événements, les autorités ont réagi de manière ferme, justifiant leurs actions par l’absence d’autorisation officielle pour ces rassemblements.

Ces mesures répressives renforcent la perception d’une volonté des autorités d’étouffer toute opposition à la révision constitutionnelle, qui continue de diviser l’opinion publique.

Selon Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais, la conférence devait initialement se tenir dans un local appartenant à l’Église catholique. Cependant, dès 8h30, la gendarmerie est intervenue pour empêcher l’accès à la salle. La conférence a été déplacée dans un local d’un parti politique, mais a été rapidement interrompue par les forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les participants après avoir exigé l’évacuation du lieu sous prétexte d’absence d’autorisation.

Des vidéos de l’incident montrent les forces de l’ordre intervenant et ordonnant aux participants et aux journalistes de quitter la salle. Des témoins ont rapporté que les journalistes ont été menacés afin qu’ils ne filment pas la scène.

Une seconde conférence de presse prévue plus tard dans la journée au centre communautaire de Bè, à Lomé, a également été empêchée. David Ekoué Dosseh, coordinateur de Togo Debout, a expliqué qu’après avoir été informés des interdictions, ils ont dû répondre aux journalistes à l’extérieur, puis déplacer la conférence dans un autre lieu.

À Tsévié, une ville située à 30 kilomètres de Lomé, un atelier de formation destiné à promouvoir la liberté d’association et de réunion a également été annulé à la demande des autorités locales, qui ont invoqué un manque d’autorisation officielle.

Ces événements ne sont pas des cas isolés. En octobre, une cérémonie de lancement d’un projet financé par l’Union européenne avait également été interdite. En février et mars, deux initiatives de discussion citoyenne organisées par le Grand mouvement citoyen pour la refondation du Togo (GMC) avaient également été bloquées sous prétexte d’absence de base légale.

La nouvelle constitution, adoptée de nuit le 25 mars, marque une transition vers un régime parlementaire. Le président de la République sera désormais élu par le Parlement et le Sénat réunis en Congrès, pour un mandat unique de six ans.

Partager Cet Article
Laisser un commentaire